Découvrir Londres avec un Greeter

J’ai découvert récemment l’existence des greeters grâce à Tiphanya du blog Avenue Reine Mathilde qui a écrit un article collaboratif sur le sujet. N’ayant encore jamais testé, je n’ai pu y participer, mais j’avoue que j’étais curieuse. Prévoyant de partir à Londres en solo, je me mis donc en quête d’un greeter pour découvrir la ville plus en profondeur. Et comme  je partais seule, c’était l’occasion de rencontrer du monde!

Qu’est-ce qu’un greeter?

Un greeter est une personne bénévole qui prend sur son temps personnel pour faire visiter son quartier, sa ville à une personne ou à un groupe. Visiter un quartier avec un greeter permet de le découvrir en profondeur, de s’arrêter dans des coins où l’on ne serait pas forcément allé autrement. Pour le cas de Londres, cela permet vraiment de sortir du circuit touristique habituel des grands monuments pour se plonger plus avant dans l’histoire de la ville.

Comment trouver un greeter?

Je me suis inscrite sur le site dédié à Londres et ai précisé la date qui m’intéressait et mes centres d’intérêts. Le site se charge ensuite de voir si quelqu’un est disponible et envoie l’adresse mail du greeter et sa proposition.
Ensuite, à vous de jouer: si vous êtes intéressés, vous recontactez directement le greeter pour convenir d’une heure et d’un lieu de rendez-vous.
Personnellement, je n’avais pas vraiment de critères particuliers à part que je souhaitais avoir une greeteuse plutôt qu’un greeter. Pour la date ou le lieu, j’étais plus libre. Une greeteuse a proposé de me faire visiter Newington Green à Hackney dans le Grand Londres. Je n’avais pas du tout prévu d’y aller car c’était complètement à l’opposé de là où je logeais mais je me suis dit que ce serait l’occasion de découvrir ce quartier. Loin des grands monuments et de la foule ininterrompue de touristes, c’était plutôt reposant. Et d’ailleurs, Hackney était dans les must-do du magazine Eurostar de novembre… Que demande le peuple?

L’histoire du quartier

Il y a très longtemps, Londres était encore une petite ville et le quartier que j’ai visité comptait quelques grosses maisons bourgeoises et une forêt. A l’époque , le roi venait y chasser. Puis Londres connut un boom et il fallut loger de plus en plus de gens. Des rangées de petites maisons et d’appartements bons marchés furent donc construits à la place des grandes propriétés. Le quartier devint populaire.
Mais aujourd’hui, les loyers du centre de Londres sont si chers que les travailleurs cherchent à louer un peu plus loin et Hackney s’embourgeoise de nouveau. Aujourd’hui, le quartier est mixte, mais la plupart des grandes demeures ont disparu.
On peut encore voir à quoi ressemblait une propriété de l’époque au travers de Clissold House. La maison a été préservée et rénovée en 2011 et ses terres transformées en parc. Le parc appartient à la ville et renferme de belles surprises: une belle aire de jeu pour les enfants, un lac, un skatepark et une prairie avec des cerfs.

Un après-midi à Hackney

Premier arrêt, le parc aux cerfs ( Clissold Park), et sa belle demeure. Maintenant que j’en connais l’histoire, la taille du parc (ancien jardin de la maison) et d’autant plus impressionnante!  Deux églises se dressent à quelques mètres de là. La première, très ancienne, est encore en usage. Mais elle fait face à une seconde, plus impressionnante ( et également utilisée) construite à l’époque où la première n’était plus assez grande pour accueillir tous les fidèles.
Nous passons ensuite devant l’ancien hôtel de ville (Stoke Newington Town Hall) qui présente une sorte de dégradé de couleurs. En effet, pendant la guerre, l’hôtel de ville a été peint de manière à lui offrir une forme de camouflage contre les bombes…. Ce n’est pas très clair pour moi pourquoi la peinture aurait protégé la mairie des bombes, mais toujours est-il qu’elle est toujours là et n’a en effet pas été touchée…
En poursuivant un peu notre marche, nous arrivons dans la rue commerçante qui comprend beaucoup de cafés.
Je vous propose un arrêt chez Ribbons and Taylor qui font un très bon thé anglais ( servi avec son petit pichet de lait, c’est la tradition!) Les yeux se régaleront de leurs pâtisseries ou friandises salées. Et en plus, les boissons ne sont pas trop chères!
Juste à côté, se trouve l’ancienne école où a étudié Edgar Allan Poe.
Retour sur la rue commerçante, il a fallu que je m’arrête à la boutique de livres de seconde main, une tradition quand je viens dans un pays anglophone. En effet, j’y trouve toujours de jolis albums pour mes élèves et, quelquefois, des livres pour moi. Apparemment c’est une chance d’avoir trouvé cette boutique car les commerces de la rue sont remplacés au fur et à mesure par des restaurants.
Cette fois-ci, je suis tombée sur une histoire d’Amandine Malabul la sorcière Maladroite en version originale dédicacée par Jill Murphy. Amandine Malabul, c’était mes premières histoires de sorcières, avant le phénomène Harry Potter. En anglais: The Worst Witch.
Il faut savoir que la série tirée du livre a bercé mon enfance ( en version française) mais que dans le livre, les noms ont été traduits très libéralement ce qui rendait la lecture un peu bizarre quand on avait vu la série. Je suis donc contente de pouvoir le lire en version originale, avec les vrais noms 😉
Pour terminer cette après-midi, direction le cimetière de la ville: Abney Park Cemetery. A mi-chemin entre le parc et le cimetière, c’est un lieu très paisible où l’on peut flâner, lire, se reposer. J’y ai croisé deux gros écureuils bedonnants, des petites fleurs annonçant l’arrivée du printemps, des tombes porteuses d’histoire…
Ici, les riches avaient leur tombe et un monument alors que les plus pauvres étaient enterrés dans une grande fosse et la famille y ajoutait une pierre quand elle en avait les moyens. Ainsi, il y a des endroits où l’on trouve des rangées rapprochées de pierres tombales car de nombreuses personnes ont été enterrées au même endroit.
Il y a un côté Père Lachaise mais en plus naturel.
Au milieu, se dresse une église sans vitres ni porte. Elle n’est donc utilisée qu’en été même s’il est prévu de la remettre en état. Pour le moment, on pourrait aisément y tourner les scènes d’un film d’horreur.

Bilan:

Ces quelques heures ont passé très  vite et je suis ravie d’avoir découvert ce coin de la ville que je n’aurai certainement pas apprécié à sa juste valeur sans les explications expertes de ma greeteuse. D’ailleurs, y serai-je même allée?
Voyageant seule, j’étais heureuse de rencontrer une anglaise et de pouvoir mettre à profit toutes ces années d’étude. En plus, ma greeteuse était anciennement enseignante, nous avions donc pas mal de points communs 🙂 Par la suite, elle m’a recommandée plusieurs endroits à Londres que je n’ai pas tous eu le temps d’aller voir, mais qui seront sur ma liste pour la prochaine fois.
Un grand merci donc à ma super greeteuse !
C’est  une expérience que je retenterai certainement et, pourquoi pas, en passant de l’autre  côté pour ma région?

Infos pratiques:

–  La zone où je suis allée est à environ 35 minutes de bus depuis Waterloo Bridge ( bus 341 ou 243).
– J’avais pris la Oyster card pour payer moins cher les transports en communs et l’aller-retour m’a coûté environ 3 pounds. Cela dit, j’ai découvert par la suite qu’on pouvait payer directement par carte sans contact si jamais le crédit de la Oyster Card était épuisé (ça dépanne bien!)
Et vous, avez-vous déjà découvert une ville avec un greeter? Est ce que cet article vous a convaincu de tester?
Pour trouver un greeter à Londres, cliquez ici: http://www.londongreeters.org/book-a-greet

10 Comments

  1. C’est génial comme expérience ! J’adorerais faire ça dans ma région, ça permet de divulguer tous les secrets de la ville et de rencontrer du monde. J’aurai aussi aimé le faire à Londres (en tant que touriste du coup), cette ville me fascine tellement.

    • travelingaddress

      10 mars 2018 at 12 h 42 min

      Je te conseille vraiment d’essayer à Londres si tu as l’occasion! Je le referai volontiers dans un autre coin :p Et en effet, présenter des endroits cachés de sa ville me tente bien !

  2. Je n’ai encore jamais utilisé les services d’un greeter mais je me promets de tenter l’expérience cette année! Ça me parle et ton article est convaincant!

  3. Tu n’as pas mis longtemps à essayer le concept. Je savais que c’était un truc pour toi 😉

  4. Bonjour, Merci pour l’info. Ici aussi nous avons des greeters, oui oui, à Grenade sur Garonne (31330), qui vous feront découvrir des histoires locales ! Mais j’avoue que je n’aurais pas eu l’idée d’en chercher à Londres ou ailleurs. C’est une bonne idée. Bonne fin de dimanche ! Bernadette.

    • travelingaddress

      25 février 2018 at 18 h 03 min

      ah bon? Moi c’est l’inverse, je n’aurai jamais pensé à en chercher dans de petites villes mais je me suis dit que pour une capitale il y en aurait sûrement ! ça doit être chouette aussi de découvrir des coins comme ça avec un greeter !

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