Epernay: sur la route du Champagne

A Paris, il y a toujours quelque chose à faire. Mais, lorsque l’on y a grandi, on aime parfois à s’en échapper et on commence alors à regarder ce qui se trouve autour. A 1h ou 1h30 maximum, pour la journée, un peu plus pour un week-end. Ainsi je suis allée à Tours, Lille, Fontainebleau, Moret-sur-loing… en 2017. Et aujourd’hui, à Epernay.
Après de longs week-ends à travailler, il était temps de repartir sur les routes de France avec en point de mire une idée: la route du Champagne. Pour moi qui boit très peu, c’était original! D’ailleurs à la base, j’y allais plutôt pour la Fête des Lumières. Mais la fête étant terminée, je me suis rabattue sur le Champagne (on se console comme on peut …) Partons donc à la découverte d’Epernay, ville de Champagne!

Une journée à Epernay

Les installations pour la fête des Lumières

 

Départ tôt le matin de Paris en car. Il pleut mais arrivés sur place, la pluie s’est transformée en neige. Nous longeons les hectares de vignes penchées avant d’entrer dans la ville à proprement parler. La neige donne un côté magique aux ceps dénudés. Normalement nous devions assister à la fête des Lumières, donnée pendant la période de l’avent sur un weekend avant noël. Néanmoins, j’apprends une fois sur place que la fête s’est terminée hier soir. J’assiste donc, un peu dépitée, au démontage des installations…. Ce sera pour une prochaine fois ….
Nous sommes dimanche, pourtant, les nombreuses maisons de champagne sont ouvertes.
Un petit tour par le parc et l’office du tourisme ( pour récupérer un plan) et c’est partie pour une promenade dans la ville. De loin, j’aperçois le clocher de l’église Notre-Dame et y fait un arrêt avant de revenir au point touristique de la ville.

Les principales maisons de Champagne sont réparties sur l’Avenue de Champagne, qui porte bien son nom.  Il y a longtemps, cette route permettait de relier la France et l’Allemagne, ce qui expliqua son essor particulier. Des deux côtés de la route, ce sont de très beaux hôtels particuliers qui abritent les plus grands noms.  Le plus impressionnant est le bâtiment de la maison De Castellane surmonté de son immense tour, qui se situe au bout de la rue.  A l’époque, on l’avait voulu château d’eau mais un manque de précautions lors de sa construction  rendit cela impossible. On peut néanmoins y monter pour profiter d’un panorama sur toute la ville.

Sous l’Avenue de Champagne, on trouve 110 km de caves à champagne, dont certaines sur plusieurs étages. J’ai choisi d’en visiter 2: celle de la maison  De Castellane pour pouvoir monter en haut de la tour et celle de la maison Cartier.

Un saut dans le passé chez De Castellane

La première chose que l’on voit en arrivant à Epernay, ce n’est pas le clocher de l’église mais le sommet de la tour De Castellane. La curiosité étant éveillée, il fallait s’approcher! Le bâtiment est immense et s’étend tout autour de la tour si bien que, en plus de présenter un extérieur magnifique, la maison De Castellane abrite également un musée du Champagne.

Pour 14 euros, vous pourrez le visiter, monter en haut de la tour, suivre une visite guidée des caves et revenir déguster une coupe de Champagne. Le dimanche, l’ouverture est à 14h et les visites commencent à 14h30. En attendant on peut visiter librement les salles du rez de chaussée et la tour. Des visites sont proposées en français et en anglais.

Vue depuis la Tour

 

Les différents paliers de la tour sont assez dénudés, mais la vue vaut la peine de monter tous les étages. Le rez-de-chaussée présente des scènes de la vie des maisons de Champagne, du ramassage à la production. On peut également y voir d’anciens outils et machines à imprimer. On avance vite car il y fait assez froid mais la présentation est intéressante et l’on commence déjà à découvrir des choses sur le Champagne.

La partie la plus intéressante est bien sûr la visite guidée. Les photos sont interdites donc il faudra tout garder en tête, pas facile car la visite est longue. Notre guide est passionnante et à les réponses à la plupart de nos questions. Nous visitons les caves un dimanche donc elles sont vides de personnel mais elles restent visitables en journée lorsque les machines tournent et que les ouvriers travaillent.

On nous explique aussi la mécanisation de la fabrication du champagne. Par le passé, les bouteilles étaient posées à l’envers sur une sorte d’étendoir et une personne était chargée de les tourner toutes de temps en temps pour que le dépôt de levure tombe vers le bouchon. Aujourd’hui, les bouteilles sont placées dans des sortes d’immenses cubes qui tournent toutes les bouteilles en même temps. L’entreprise qui prenait un mois ne prend maintenant plus que 4 jours, mais les emplois ont disparu puisque la machine fait le travail.

A la fin de la visite, on nous fait déguster le Champagne Cuvée Brute Croix rouge qui comprend 1/3 de chaque type de raisin (pinot noir, pinot gris, chardonnay.)

Des surprises chez Cartier

Après la première visite, petit sprint le long de l’avenue de Champagne: nous avons rendez-vous chez Cartier!

 

Après un court film sur l’histoire du champagne qui reprend bien ce que j’ai entendu lors de la visite précédente, nous descendons dans la cave à champagne. Ici, chouette, les photos sont autorisés!  Mais finalement, ce n’est pas le champagne qui retiendra mon attention lors de la descente dans les profondeurs de la ville, mais plutôt les murs et le plafond…

En effet, on y trouve quelques gravures récentes, mais également des gravures et messages datant de la guerre (dont certaines en allemand).  Par hasard, au détour d’une cave à champagne, me voilà replongée dans des moments de l’histoire de France. Cette période, que je ne peux qu’imaginer, est rendue presque réelle par ces ‘tags’ anciens. On a l’impression que l’on aurait presque pu croiser ce soldat allemand si on était venu un peu plus tôt….

Dans la même galerie, une fresque plus moderne sur le thème des contes de fée a été réalisée par les élèves de l’école d’art de New York. Une explosion de couleurs côtoie les empreintes tristes de la guerre. Bizarrement, les deux vont bien ensemble, comme la rencontre de deux mondes.

Au final, j’ai été contente de faire ces deux visites: à la première, j’ai beaucoup appris sur le champagne, et à la seconde j’ai pu me concentrer sur ce mélange d’art et d’histoire. Finalement ce fut une journée pleine de surprises en tout genre, complètement à l’opposé de ce que j’attendais …

Et maintenant, que diriez-vous d’en savoir un peu plus sur le Champagne d’Epernay?

La production du champagne à Epernay

Comme toute production, la production de champagne est réglementée. Les bouteilles se partagent entre “sans année” et “millésime” lors des récoltes exceptionnelles. Les bouteilles sans année doivent passer un minimum de 15 mois en cave contre 3 ans minimum pour les millésime (ce qui explique pourquoi on ne peut pas vendre des bouteilles millésime tous les ans). De fait, les bouteilles restent souvent bien plus longtemps avec certaines bouteilles présentes en cave depuis près de 10 ans.

En Champagne, il y a 324 crus (villages de récolte); 17 sont des grands crus et 43 des premiers crus.

A l’époque, on utilisait une agrafe pour fermer les bouteilles, mais elles explosaient souvent et ce n’était pas très pratique pour les rouvrir afin d’évacuer le dépôt.  Aujourd’hui, les entreprises utilisent une capsule en aluminium et la technique du glaçon pour ce même travail. Le bouchon de liège n’est ajouté qu’après.  Les machines qui assurent la mise en bouteille peuvent remplir et étiqueter jusqu’à 13 500 bouteilles par heure, 100 000 par jour. Cela doit être impressionnant de les voir tourner à cette allure! D’ailleurs, deux personnes sont chargées de superviser le tout pour vérifier que tout se passe bien.

Caves de la maison Georges Cartier

Vous l’aurez compris, ces visites ont été très instructives et enrichissantes pour moi. Je n’ai pas regretté d’être venue à Epernay pour la journée, même si j’ai raté la Fête des Lumières (il faudra revenir …) Cela peut être une très bonne idée d’excursion au moment des fêtes afin de ramener directement ses bouteilles de chez le producteur après les avoir goûtées. Mais je pense également qu’en été la région doit avoir aussi du charme.

J’espère que cette visite en pays de champagne vous aura plu et appris des choses. N’hésitez pas à partager vos propres expériences, à conseiller  d’autres points d’intérêt que j’aurai manqués….

Bonnes fêtes!

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4 Comments

  1. J’irai bien à Epernay juste pour la tour et les tags souvenirs de guerre.
    Je ne connais pas du tout et je suis toujours impressionnée par ton dynamisme à aller visiter diverses villes à l’extérieur de Paris.

    • travelingaddress

      27 décembre 2017 at 10 h 50 min

      Merci! Oui il y avait une dame avec sa fille de 10 ans , je pense que ça a aussi été sa partie préférée 🙂 Parce que la dégustation de champagne ne présente pas grand intérêt quand on a 10 ans :p J’ai déjà visité pas mal de trucs à Paris, maintenant il faut extrapoler !

  2. Merci pour cet article original et passionnant. Je ne savais rien de cette région, et j’ai été happée. Le champagne, la tour Castellane, les tags en allemand, l’art moderne… tout est intéressant.

    • travelingaddress

      24 décembre 2017 at 9 h 19 min

      Merci de ta réponse et pour le partage 🙂 Les tags allemands et la fresques m’ont beaucoup surprise et, rien que pour eux, ça valait le coup de faire le déplacement !

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